La nouvelle casquette de l’enseignant: être un coach, et non plus un distributeur de savoir!

 

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Avant-propos

C’est avec un article un peu polémique que je souhaitais commencer l’année 2015 et je l’avoue, un peu en lien avec le massacre de Charlie Hebdo. Parce que la libre expression des idées, et plus largement le sens critique, sont absolument essentiels dans une démocratie.

Le tsunami numérique*

Ce n’est plus un fait, mais un constat. Le numérique brouille les repères traditionnels de l’école: le rôle de l’enseignant est en mutation et doit être redéfini. A l’heure où la déferlante du numérique bouleverse le monde de l’éducation, il ne s’agit plus de rester sur un modèle de cours frontal (ou cours ex-cathedra). De nombreux enseignants optent pour la co-construction du cours et privilégient le mode collaboratif. Et c’est tant mieux 🙂

Pourquoi?

Parce qu’il est temps d’en finir avec le gavage cognitif où l’élève doit apprendre par cœur un contenu pour un test et le régurgiter pour être évalué…

Parce que l’une des compétences du 21ème siècle que nos chères têtes blondes se devront d’acquérir sera bel et bien la capacité à travailler en équipe…

Parce que l’élève spectateur et consommateur qui reçoit un cours plaqué, figé, une sorte de savoir livré clé en main, on sait que ça ne marche pas… (cf cet article)

 

Parce que l’information est à portée de clic et accessible partout / à tout moment.

Parce qu’il y a Google… »Why do I need a teacher when I’ve got Google? » (« Pourquoi ai-je besoin d’un prof alors que j’ai Google? »)**

Parce que l’enseignant n’est plus le seul et unique détenteur du savoir…

Parce qu’il est temps que les élèves deviennent acteurs et non plus… spectateurs!

Et ensuite, me direz-vous?

C’est à la fois facile et extrêmement difficile. Je m’explique.

C’est facile d’inverser la tendance parce que c’est bel et bien à l’intérieur de ce schéma que le professeur pourra se réaliser et avoir le sentiment d’être à l’écoute de tous ses élèves et disponible pour chacun d’entre eux.

C’est difficile car il s’agit de quitter sa zone de confort et se mettre en quelque sorte « en danger ». Parce que nous sommes tous « formatés ». Quand je dis tous, c’est bien TOUS. Les profs, mais aussi les élèves et les parents. Et tant qu’il n’y a pas de prise de conscience pour ces trois acteurs, c’est souvent problématique.

Le prof comme coach 

Quand on quitte le sacro-saint cours magistral, que se passe t’il ? L’une de mes premières surprises a été… le bruit! Et oui, les élèves échangent, bougent, inter-agissent. C’est un peu comme dans la cuisine d’un grand restaurant avant le coup de feu: inutile de tabler sur de l’immobilisme et sur du silence « studieux », il faut se rendre à l’évidence: les élèvent travaillent!

Lorsque l’élève est acteur, le processus d’apprentissage s’inscrit dans une dynamique de co-construction du savoir et dans un processus de collaboration (on en revient à l’idée du travail en équipe qui m’est si chère….).

L’enseignant devient un coach, un médiateur, un guide. Il aide l’élève à se repérer dans un flux d’information constant, dans un monde où les ressources consultables ont une croissance exponentielle. L’enseignant se déplace d’îlots en îlots (c’est ainsi que je nomme les tables assemblées pour le travail collaboratif), il est disponible pour un groupe ou un individu. Et les élèves les plus nerveux ou timides peuvent enfin poser la question qui les taraude, sans avoir à le faire devant toute la classe. Et ils apprécient d’avoir le prof « pour eux tout seul » en quelque sorte.

Côté prof, la donne change. Les nouvelles technologies permettent de récolter des données et par la même de donner un feed-back constant et d’adapter les activités d’apprentissage en fonction du profil de l’élève pour un parcours personnalisé. Le gros du travail se fait en amont ou en aval.

Si vous veniez dans ma salle de classe, et bien, vous auriez nettement l’impression que je ne fais pas grand-chose ou que je me promène. En réalité, je guide, je réajuste, je conseille. Et je surveille ceux qui ont parfois tendance à faire le minimum grâce à mon application ClassDojo.

En amont, je prépare un « cahier des charges » avec la description précise des étapes de travail, des compétences à acquérir et des délais.

En aval, j’utilise la récolte des données via l’appli Showbie pour évaluer le travail de chacun et donner des consignes personnalisées. Dans cet article, vous trouverez quelques astuces de cette app qui est absolument essentielle.

En résumé

En classe: L’élève n’est plus en situation passive: il apprend à apprendre, il synthétise, il échange. Le professeur reste en « arrière-plan » et supervise le travail de manière globale.

En amont: l’enseignant réfléchit à une problématique ou un projet. Il fixe les objectifs à réaliser et les analyse les compétences requises.

En aval: L’enseignant récolte via le numérique les travaux des élèves et les guide pour une meilleure remédiation , grâce à un feed-back personnalisé. En fait, cela permet de faire de la différenciation.

L’élève est enfin responsable de son apprentissage et apprend des savoirs faire: synthétiser, critiquer, collaborer.

N’hésitez pas à commenter!

P.S.: Une bonne année à tous et un grand merci à ceux qui me suivent 🙂

N’hésitez pas à me retrouver sur Twitter : @evelyneviret

Sources

– articles et images: https://maonziemeannee.wordpress.com/2013/12/17/redefinir-sa-posture-enseignante-en-tricotant-des-liens-invisibles/

* titre du livre d’Emmanuel Davidenkoff

** titre polémique du livre de Ian Gilbert sur les enjeux de l’éducation au 21ème siècle.

 

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